Maintenant, ON PEUT GUERIR de la Drepanocytose !

Article tiré de SCIENCES ET AVENIR (2/Mars/2017)

Sciences et Avenir, l'actualité de la science et la vie de la recherche dans le monde« Un garçon âgé de 13 ans atteint de la
drépanocytose
a été traité avec succès par thérapie génique. Une première mondiale, réalisée par des médecins de l’hôpital Necker-Enfants malades de Paris. »

Une thérapie génique a permis de traiter avec succès un jeune garçon âgé de 13 ans atteint d’une forme sévère d’anémie chronique héréditaire, la drépanocytose, qui est le premier patient au monde à avoir bénéficié de ce traitement novateur, ont annoncé le 2 mars 2017 des chercheurs de l’hôpital Necker-Enfants malades et de l’Institut Imagine à Paris. La thérapie, conduite en collaboration avec le Pr Philippe Leboulch, qui a mis au point le vecteur transporteur et le gène correcteur, a permis la rémission complète des signes de la maladie persistant près de deux ans et demi après. Les premiers résultats 15 mois après la greffe, publiés dans le New England Journal of Medicine, « confirment l’efficacité de cette thérapie d’avenir », selon les auteurs. « Il va bien, il n’a plus besoin de transfusion mensuelle, de médicaments anti-douleurs, ni d’hospitalisation », dit à l’AFP le Pr Marina Cavazzana, qui a dirigé ces travaux.

« Corriger » les cellules souches sanguines à l’aide d’un virus

Cette maladie du sang, qui touche plus de cinq millions de personnes dans le monde, est liée à une anomalie de l’hémoglobine des globules rouges qui transporte l’oxygène. L’anomalie, une mutation dans le gène de la bêta-globine, entraîne une déformation des globules rouges en forme de faucille ou de croissant. Ils peuvent obstruer les petits vaisseaux sanguins. La maladie chez ceux qui ont hérité des deux copies du gène muté (une du père, une de la mère) entraîne une anémie et des crises douloureuses ainsi que des lésions de nombreux organes, tels le cœur, les reins, les os et même le cerveau (AVC) ainsi qu’une grande sensibilité aux infections et une surcharge en fer. Pour sa part, le jeune patient à la suite d’une ostéonécrose, une destruction osseuse provoquée par des caillots des petits vaisseaux, a eu une pose de prothèse de hanche bilatérale.

© vitstudio/shutterstock

La thérapie génique est une alternative pour les malades qui ne peuvent pas bénéficier d’une greffe de moelle osseuse faute de donneur compatible dans la fratrie. La première phase du traitement a consisté à prélever des cellules souches à l’origine des cellules sanguines (globules rouges et blancs, plaquettes) dans la moelle osseuse du patient. Ces cellules souches sont ensuite « corrigées » en laboratoire par insertion du gène-médicament à l’aide d’un vecteur viral, déjà mis au point pour traiter une autre forme d’anémie grave, la bêta-thalassémie. Le vecteur viral dérivé du VIH rendu inoffensif et porteur du gène correcteur est désormais fourni à grande échelle par la société américaine Bluebird Bio sous le nom de « LentiGlobin« . Avant de réinjecter les cellules corrigées, la moelle osseuse est traitée par un médicament, le busulfan, pour éliminer les cellules souches anormales, non traitées. Les cellules corrigées ont été ensuite réinjectées au patient. Après la greffe, il est resté un mois à l’hôpital. Le patient a repris la fréquentation régulière de l’école et signale une pleine participation aux activités physiques normales.

Depuis le premier patient atteint de bêta-thalassémie traité par thérapie génique en France il y a dix ans, il y a eu des progrès techniques avec notamment un vecteur hautement purifié, indique le Pr Leboulch. « La production de la protéine thérapeutique provenant du vecteur est remarquablement élevée, son niveau est deux fois supérieur à celui qui aurait suffit pour être thérapeutique », dit-il. « L’organisme produit normalement environ 300 milliards de globules rouges par jour », relève le Pr Leboulch. Une vingtaine de patients atteints de bêta-thalassémie ont été traités dans le monde, dont quatre, âgés de 13 à 21 ans, récemment en France et 18 aux États-Unis. Au moins sept patients drépanocytaires ont en outre été traités aux États-Unis avec le vecteur « LentiGlobin«  »

LL avec AFP


Article dans LE MONDE SANTE
LE MONDE |  | Par Sandrine Cabut ]

Drépanocytose : succès d’une thérapie génique chez le premier patient traité

Atteint d’une forme très sévère de la maladie, l’adolescent traité à l’hôpital Necker n’a plus de crises douloureuses et vit normalement sans transfusion.

En octobre 2014, pour la première fois dans l’histoire, un patient atteint de drépanocytose, en l’occurrence un adolescent de 13 ans, recevait une thérapie génique pour traiter cette forme grave d’anémie d’origine génétique.

Les résultats publiés mercredi 2 mars dans le New England Journal of Medicine (NEJM) par l’équipe du professeur Marina Cavazzana, de l’Institut des maladies génétiques Imagine, Inserm, à l’hôpital Necker de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), avec un recul de quinze mois, sont très encourageants.

Le jeune garçon, qui avait une forme très sévère de drépanocytose, ne souffre plus des crises extrêmement douloureuses caractéristiques de cette maladie, dues à l’occlusion de petits vaisseaux par des globules rouges déformés. Il n’a plus besoin de transfusions sanguines, et il a repris ses activités physiques et scolaires. Son taux d’hémoglobine est normal, et la protéine thérapeutique provenant du vecteur s’exprime à un niveau élevé – elle représente environ 50 % de l’hémoglobine circulante.

« Ce garçon est dans une situation totalement stable, et le niveau de correction obtenu laisse espérer que sa rémission va se poursuivre pendant des années, résume Marina Cavazzana, qui se refuse cependant à parler de guérison. Si ces bons résultats se confirment dans le temps et à plus large échelle, cette thérapie génique pourrait être proposée comme alternative à la greffe de moelle à des patients qui n’ont pas de donneur compatible », estime-t-elle. Soit potentiellement beaucoup de personnes.

Espérance de vie toujours impactée

La drépanocytose, qui touche préférentiellement les personnes issues de zones géographiques à risque – Afrique, Antilles, Maghreb, Asie –, est en effet l’une des affections héréditaires les plus fréquentes. Dans le monde, 275 000 nouveau-nés naissent chaque année avec cette anémie chronique, qui se caractérise par la production d’une hémoglobine anormale et de globules rouges déformés (falciformes), du fait d’une mutation dans le gène de la béta globine. Le nombre de malades est de l’ordre de 90 000 aux Etats-Unis, de 26 000 en France.

Du fait des crises vaso-occlusives, la drépanocytose peut conduire à des atteintes irréversibles de certains organes (rate, rein…), et l’espérance de vie, quoique en progression, reste impactée. Outre les transfusions, le traitement fait classiquement appel à un médicament au long cours, l’hydroxyurée. La greffe de moelle est la seule stratégie permettant une guérison, mais moins d’un patient sur cinq a un donneur compatible.

Le vecteur de la thérapie génique utilisé chez l’adolescent est un lentivirus dans lequel a été introduit le gène codant pour la chaîne béta de l’hémoglobine, modifié par une mutation ponctuelle lui conférant une activité antifalciforme. Il a été mis au point par le professeur Philippe Leboulch, du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives et des facultés de médecine de l’université Paris-Sud et d’Harvard, principal auteur de l’article du NEJM avec Marina Cavazzana.

Appelé LentiGlobin BB305, ce vecteur est développé par la société américaine Bluebird Bio, fondée par M. Leboulch. Du fait de son mode d’action, il présente l’avantage d’être aussi actif dans la bêta-thalassémie, une autre maladie génétique de l’hémoglobine. C’est d’ailleurs chez un jeune adulte atteint de bêta-thalassémie que l’équipe française a inauguré cette approche en 2007, avec succès.

Chez l’adolescent drépanocytaire, la première phase du protocole a consisté à prélever des cellules-souches au niveau de sa moelle osseuse. Celles-ci ont été mises au contact du vecteur de la thérapie génique, pour transférer le matériel génétique.

Parallèlement, le patient a été préparé à la greffe par une chimiothérapie visant à « vider » sa moelle osseuse. Les cellules-souches modifiées lui ont ensuite été réinjectées par voie veineuse, en une fois. Aucun effet indésirable lié à la thérapie génique n’a été constaté, les seules complications étant liées à la chimiothérapie.

« Confirmer que cette stratégie est efficace »

« Ce patient s’inscrit dans une étude de phase I-II, qui prévoit sept malades, tous pris en charge à l’hôpital Necker, précise Marina Cavazzana. Cinq – quatre atteints de thalassémie et notre jeune drépanocytaire – ont déjà été traités, avec des résultats positifs. Deux autres, drépanocytaires, sont en cours de traitement. »

Aux Etats-Unis, cette même thérapie génique fait l’objet de deux essais cliniques de phase I-II, l’un chez des patients thalassémiques, l’autre chez des adultes drépanocytaires.

Les résultats préliminaires de ce dernier, portant sur sept patients suivis en moyenne pendant sept mois, sont beaucoup plus modestes que chez le malade français, selon une communication présentée en décembre 2016 au congrès américain d’hématologie.

Pour l’heure, le coût de cette thérapeutique est très élevé, de l’ordre de 500 000 euros par patient, selon le professeur Cavazzana. « Mais ce montant devrait fortement diminuer dans les prochaines années, avec l’automatisation des procédés », précise-t-elle.

D’autres stratégies de thérapie génique sont à l’étude. Des équipes explorent ainsi la piste d’une correction de la mutation de la drépanocytose avec un outil Crispr-Cas9. Un essai clinique pourrait démarrer dès 2018.

Pour le docteur Jean-Benoît Arlet, interniste à l’Hôpital européen Georges-Pompidou (AP-HP) et spécialiste de la drépanocytose, la publication du NEJM constitue une preuve de concept. « Ce sont des résultats très intéressants, souligne-t-il. Il faut maintenant confirmer que cette stratégie est efficace à long terme, permettant de prévenir les complications chroniques de la drépanocytose, avec une toxicité acceptable. Si c’est le cas, la thérapie génique pourra devenir une alternative à la greffe de moelle. Il faudra alors définir sa place par rapport aux nouvelles techniques de greffes dites haplo-identiques, qui permettent aujourd’hui de trouver plus facilement un donneur dans la famille, compatible à uniquement 50 %. »
En savoir plus sur : http://www.lemonde.fr/sante/article/2017/03/01/drepanocytose-succes-d-une-therapie-genique-chez-le-premier-patient-traite_5087805_1651302.html#uvIRwvgk4EK4MPf2.99

Douleur Inextinguible

Douleur Inextinguible, [ cf. Qu’on ne peut apaiser, arrêter, éteindre. 

Ξ Dimanche après-midi.
Mon voyage en Asie m’a fatigué je crois ; j’ai attrapé un rhume qui me « met à plat ». Comme une batterie d’iPhone à 20%. Et les douleurs commencent.
Les chevilles, poignets, la poitrine et le dos. Assez fortes.

Ξ Dimanche soir.
Les douleurs augmentent et un nouveau « foyer » apparait : les reins. Et la on ne « plaisante » plus. Je ne peux plus m’asseoir tellement ça fait mal. Je prévois d’aller à l’hôpital demain à la première heure. Je vais me coucher, en essayant de trouver une position confortable.

Ξ Dimanche début de nuit.
Les douleurs augmentent. Encore et encore. A chaque fois que je crois atteindre le paroxysme, je découvre que le « pallier » d’avant était « peanuts » comparé à celui de maintenant. Je commence à ne plus pouvoir respirer normalement. La douleur est trop importante et, par erreur, on a tendance à se contracter et a ne plus respirer quand une vague lancinante arrive.
Il FAUT faire quelque chose.

Il faut appeler un médecin urgentiste de nuit, et m’hospitaliser d’urgence, il me faut une piqure de MORPHINEDrepanocytose schema, ne serait-ce que pour le voyage. En général, ça m’apaise en 5 minutes avec effet de 20 minutes.
Le médecin vient, je ne suis pas d’un naturel « causant » quand j’ai une crise de ce niveau, j’essaye donc d’anticiper les questions du médecin en lui apportant toutes les réponses, rapidement (parler augmente la douleur), je lui dis donc que sur une règle de 1 à 10 mon niveau de douleur est a 12 (c’est une métaphore pour lui expliquer que j’ai très, très, très mal
Et la il m’explique que ça ne veut rien dire, et me parle d’échelle de douleur qui ne signifient rien etc. Je le regarde attentivement pour savoir s’il est sain d’esprit. Apparemment. Bref, je lui dis donc que « ça fait très mal alors, docteur ». Il consent à me faire une piqure de MORPHINE, tout en réglant par téléphone (de façon très efficace) les modalités de mon admission à l’hôpital (que je choisis, ayant tout mon dossier la-bas, étant allé en période de crise souvent, bref, ils me connaissent depuis 20 ans).
La piqure de MORPHINE ne me fait AUCUN effet. Les douleurs augmentent toujours.

Ξ Dimanche milieu de nuit.
L’ambulance arrive, avec 2 jeunes femmes et un brancard. Je mesure dans ma tête le « chemin » qu’il faudra faire pour me hisser sur le brancard… Je ne PEUX pas. Je préfère.., je sais pas, je ne peux pas. Pourrai pas. Et pourtant il le faut. Il me faut une motivation mentale. Je pense au traitement qui m’attend, à ses bienfaits, la baisse de douleur… Et j’y vais d’un coup.
J’ai failli tourner de l’œil tellement la douleur s’est décuplée par 10. J’essaye de faire bonne figure… Mais la position allongée « raide » sans oreiller pour soutenir ma tête est un supplice. Dans l’ambulance qui me conduit, chaque caillou sous les roues est une épée enfoncée dans mes reins. Chaque freinage, chaque accélération. Chaque virage.
On arrive à l’hôpital…


…A Suivre…

Docteur Frank GROSVELD • Fondation Louis-Jeantet

Docteur Frank GROSVELD
Lauréat du Prix Louis-Jeantet de médecine 1991

Travaux de recherche

Les travaux de Frank Grosveld portent sur les gènes spécifiant l’a et la b-globine, qui sont les constituants protéiques de l’hémoglobine. Cette molécule est la première où l’on a pu mettre en relation la structure du gène, la structure de la protéine et les fonctions de celle-ci. Son étude a aussi permis de mieux comprendre les perturbations causées par une mutation génétique.

Les maladies héréditaires de l’hémoglobine sont très répandues dans certaines parties du monde. La plus connue est la drépanocytose, due à une mutation ponctuelle dans le gène de la b-globine. L’hémoglobine présente chez ces malades est anormale. Elle provoque un changement de forme des globules rouges (falciformation), responsable de symptômes très invalidants. Un autre groupe de maladies impliquant les gènes de globine est constitué par les thalassémies.

Frank Grosveld a identifié les régions de contrôle situées au voisinage du gène de la b-globine, qui règlent son expression dans les futurs globules rouges. Il a en particulier découvert la région de contrôle dominant de ce gène, découverte qui ouvre la porte à plusieurs développements importants.

Il s’agit en premier lieu, de la construction de modèles animaux des maladies humaines de l’hémoglobine. De tels modèles peuvent être obtenus grâce à la technique des souris transgéniques. Ce sont des souris dont le matériel génétique contient des gènes étrangers introduits artificiellement. En construisant un segment d’ADN où les gènes d’a– et de b-globine humaine sont  » accrochés  » à la région de contrôle dominant, puis en introduisant ce gène composite dans des souris transgéniques, Frank Grosveld a pu reproduire chez ces animaux d’expérience les symptômes de la drépanocytose. Ces souris permettront donc de tester les médicaments nouvellement conçus pour contrecarrer la falciformation.

D’autre part, la connaissance de la région de contrôle dominant représente un pas crucial vers la mise au point d’une future thérapie génique somatique des pathologies de l’hémoglobine. Une telle thérapie viserait à corriger le défaut génétique dans les cellules de la moelle osseuse responsables de la production des globules rouges. Il s’agirait donc d’une prévention primaire, s’attaquant aux causes mêmes de la maladie plutôt qu’à ses symptômes.

 1904 James Herrick découvre, chez un patient atteint de drépanocytose, la falciformation des globules rouges et postule l’existence d’une anomalie structurelle chez ceux-ci.
 1949 Linus Pauling démontre que cette anomalie est présente dans la molécule d’hémoglobine. C’est du même coup la première mise en évidence d’une pathologie moléculaire.
 1954 Vernon Ingram identifie la mutation génétique responsable de la drépanocytose.
 1959 Max Perutz obtient le premier modèle tridimensionnel de la molécule d’hémoglobine basé sur la diffraction des rayons X.
 1980 Yuet Wai Kan met au point le premier test de dépistage génétique de la drépanocytose utilisant pleinement les outils propres au génie génétique ( » sondes  » moléculaires).
 1990 Frank Grosveld et ses collaborateurs construisent, sous forme de souris transgéniques, un modèle expérimental de la drépanocytose.


Seuls les individus portant la mutation en double exemplaire sont affectés par la drépanocytose (on parle dans ce cas de mutation récessive). Les personnes dont un gène de b-globine est normal, l’autre muté, sont des porteurs sains : ils peuvent transmettre la mutation à leurs descendants mais n’ont eux-mêmes pas de symptômes. De plus, ils sont plus résistants à la malaria, ce qui explique le maintien du gène muté dans les régions où la malaria a été endémique pendant de nombreuses générations. Un phénomène similaire s’observe pour les thalassémies. Ces cartes montrent la répartition géographique de ces trois maladies dans l’Ancien Monde. Elles se réfèrent à la situation avant 1930, c’est-à-dire avant que la répartition géographique de la malaria ne soit influencée par des programmes d’éradication. On observe une superposition approximative des aires de répartition de ces trois maladies. (d’après Motulsky)

La drépanocytose : première maladie génétique en France

La drépanocytose : première maladie génétique en France
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WAJCMAN Henri

Statut :Directeur de recherche à l’ Inserm

Diplômes Docteur en Médecine (1969), Docteur ès-Sciences (1973)

Parcours

Laboratoires fréquentés: de 1968 à 1985, Institut de Pathologie Moléculaire, Hôpital Cochin, Paris

de 1986 à 1993, Inserm U 299 Hôpital de Bicêtre, Le Kremlin Bicêtre

de 1994 -2004 Inserm Hôpital Henri Mondor, Créteil

Prix Lauréat du Prix Thématique Dagan-Bouveret décerné par l’Académie des Sciences de Paris (2000)

Spécialités Domaines d’expertise: Erythrocyte, Hémoglobine, Hémoglobinopathies, Drépanocytose, Thalassémie, Chimie des protéines

Auteur de 250 poblications scientifiques.

Particularités Redacteur en Chef de la revue HEMOGLOBIN

Secrétaire Scientifique des Comptes Rendus de l’Académie des Sciences, Série III (Paris)

Curateur de la base de données HbVar tenue par l’Université de Pittsburg (USA)

Sociétés savantes

American Society of Hematology (membre de la sous commission pour l’aide au développement de l’hématologie en Afrique 1990-91), International Society of Hematology, Club du Globule Rouge.

How I died last week.

Sickle Cell disease

Sickle-cell disease (SCD), or sickle-cell anaemia (or anemia; SCA) or drepanocytosis, is an autosomal recessive genetic blood disorder characterized by red blood cells that assume an abnormal, rigid, sickle shape. Sickling decreases the cells’ flexibility and results in a risk of various complications. The sickling occurs because of a mutation in the Hemoglobin gene. Life expectancy is shortened, with studies reporting an average life expectancy of 42 in males and 48 in females. [Wikipedia]


Few weeks ago

Was not feeling very well since I came back from HK. Pain in the chest, back, and ankles. I thought it was a kind of normal because of the sickle cell disease.
HK should be the worst country worldwide to live in for people with this disease because of the rate of humidity, and each time in HK is kind of reducing my life span.

Yes.
As simple as that.
A kind of Russian roulet.

As I found a temporary job, I had to go to work while I was suffering of course. Even when I was already prescribed with the patches of morphine.
Even with the strong pain killers, I’m taking them on a daily basis.

Tuesday

This job was killing me. I have to come back between lunch time to sleep and rest my back. Then it was quite ok. But… But suddenly when I return from my lunchtime, I climbed up the stairs and… couldn’t breathe.
Someone cut the air suddenly.
White flashes, heart beats super fast, cold, warm. Then back to normal.

WHAT IS THAT?


Thursday

I took some days off, anyway I was scheduled to see my doctor on the coming Friday so just 1 day left to see him. 10 am. “Let’s get up to take my breakfast.” Standing up. After a few minutes, again the same symptoms but MUCH stronger. Dizziness, no air at all. “But a little can pass,” I thought… The situation was blocked because I needed to take my breakfast in order to take my pain killers, etc. But I could only stay in my bed in order to… be able to breathe! (I finally think it’s important in life to be able to breathe.)
Otherwise it would be like a fish dying with an open mouth in the air. It was serious this time. If I stood up, I only had a few minutes to act before it came. And the phone was ringing, in the next room. I couldn’t pick up, but I needed to go to take it to call someone for rescue.
It was kind of funny. No, I was joking – it was not. Well, just a little. Ok.

Friday

The day I almost died.
My doctor was waiting for me in the hospital. Ambulance was arriving. I couldn’t stand up anymore without getting sick. So I would travel lied down. Fuck the style for this time, right?
Arriving finally in my room. Well, I was fine as I didn’t have to stand up! But I had too afterall… for giving test samples… If you understand what I meant.
It means you have to BE in the toilets, to do this stuff. Well, with help from the nurse, it shouldn’t be too much problem. Doing quick, a little pee for the sample, and then, I hadn’t much recollected what had happened.
I said to the nurse, « To the bed, QUICK!!!! »

I remembered the image of my bed coming but not the 30 minutes after. That was the time for my doctor, the nurses, specialist of intensive care to get all around my bed to save me. Had no pulse, no heart beating. Switched off.

When I woke up, all was blur. I was a fish with no air despite the oxygen on my nose. NO AIR. Panic, blur images, sounds, voices of people around and me trying to breathe with a fantastic pain in my chest.
It was painful but strangely calm inside me.

I remembered my thoughts at this time, “I’m stupid like a stupid fish ~ pain ~ why it’s so painful my gosh ~ why I still fight??? Let it go! It looks like so restful, peace, quiet and soft ~ life is pain, knocking on heaven’s door is so tempting…”

The team around me was waiting for me to come back. I remembered while I took the hand of my doctor in one of my hands, I was thinking that the last hand I could hang on to would be my doctor’s.
Donno why. Sounds stupid. Anyway. As I could start breathing a bit better, they transferred me to Intensive Care to check what had happened.

What happened:
Pulmorary Embolism, internal bleeding.

Each time I travelled for HK, between 11 to 15 hours of travel door to door, my body built platelets (blood clots). I even remembered this time that I had to go to London for a workshop of…2 days…22 hours.

_Pulmonary embolism (PE) is a blockage of the main artery of the lung or one of its branches by a substance that has travelled from elsewhere in the body through the bloodstream (embolism). Usually this is due to embolism of a thrombus (blood clot) from the deep veins in the legs, a process termed venous thromboembolism. A small proportion is due to the embolization of air, fat or amniotic fluid. The obstruction of the blood flow through the lungs and the resultant pressure on the right ventricle of the heart leads to the symptoms and signs of PE. The risk of PE is increased in various situations, such as cancer and prolonged bed rest. Symptoms of pulmonary embolism include difficulty breathing, chest pain on inspiration, and palpitations. Clinical signs include low blood oxygen saturation and cyanosis, rapid breathing, and a rapid heart rate. Severe cases of PE can lead to collapse, abnormally low blood pressure, and sudden death. Diagnosis is based on these clinical findings in combination with laboratory tests (such as the D-dimer test) and imaging studies, usually CT pulmonary angiography. Treatment is typically with anticoagulant medication, including heparin and warfarin. Severe cases may require thrombolysis with drugs such as tissue plasminogen activator (tPA) or may require surgical intervention via pulmonary thrombectomy.[from Wikipedia]_

This platelets were there. Tiny. Hidden. And ready to act anytime. Of course there were not only little pieces… Some were big and then one day, they decided to travel too… Through your heart.
And to make him stop. Funny heh? Click. Stop. No air. Bye.

I was finally kind of lucky to already BE in the hospital… My doctor told me that one of their colleagues didn’t have this chance… Just after a long distance travel he went to the beach, and died. Click. No air.

This is why one of my favourite « quote » or rule of life is « Carpe Diem« …….

> Music helped my loneliness <

  • Angus & Julia Stone: Big Jet Plane
  • Téléphone: Les Dunes
  • Gaëtan Roussel: Dis moi encore que tu m’aimes
  • Alain Bashung: Happe
  • Gaëtan Roussel: Help myself
  • Guns N’ Roses: Live and let die, November Rain, Knockin on heaven’s door