Douleur Inextinguible

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Douleur Inextinguible, [ cf. Qu’on ne peut apaiser, arrêter, éteindre. 

Ξ Dimanche après-midi.
Mon voyage en Asie m’a fatigué je crois ; j’ai attrapé un rhume qui me « met à plat ». Comme une batterie d’iPhone à 20%. Et les douleurs commencent.
Les chevilles, poignets, la poitrine et le dos. Assez fortes.

Ξ Dimanche soir.
Les douleurs augmentent et un nouveau « foyer » apparait : les reins. Et la on ne « plaisante » plus. Je ne peux plus m’asseoir tellement ça fait mal. Je prévois d’aller à l’hôpital demain à la première heure. Je vais me coucher, en essayant de trouver une position confortable.

Ξ Dimanche début de nuit.
Les douleurs augmentent. Encore et encore. A chaque fois que je crois atteindre le paroxysme, je découvre que le « pallier » d’avant était « peanuts » comparé à celui de maintenant. Je commence à ne plus pouvoir respirer normalement. La douleur est trop importante et, par erreur, on a tendance à se contracter et a ne plus respirer quand une vague lancinante arrive.
Il FAUT faire quelque chose.

Il faut appeler un médecin urgentiste de nuit, et m’hospitaliser d’urgence, il me faut une piqure de MORPHINEDrepanocytose schema, ne serait-ce que pour le voyage. En général, ça m’apaise en 5 minutes avec effet de 20 minutes.
Le médecin vient, je ne suis pas d’un naturel « causant » quand j’ai une crise de ce niveau, j’essaye donc d’anticiper les questions du médecin en lui apportant toutes les réponses, rapidement (parler augmente la douleur), je lui dis donc que sur une règle de 1 à 10 mon niveau de douleur est a 12 (c’est une métaphore pour lui expliquer que j’ai très, très, très mal
Et la il m’explique que ça ne veut rien dire, et me parle d’échelle de douleur qui ne signifient rien etc. Je le regarde attentivement pour savoir s’il est sain d’esprit. Apparemment. Bref, je lui dis donc que « ça fait très mal alors, docteur ». Il consent à me faire une piqure de MORPHINE, tout en réglant par téléphone (de façon très efficace) les modalités de mon admission à l’hôpital (que je choisis, ayant tout mon dossier la-bas, étant allé en période de crise souvent, bref, ils me connaissent depuis 20 ans).
La piqure de MORPHINE ne me fait AUCUN effet. Les douleurs augmentent toujours.

Ξ Dimanche milieu de nuit.
L’ambulance arrive, avec 2 jeunes femmes et un brancard. Je mesure dans ma tête le « chemin » qu’il faudra faire pour me hisser sur le brancard… Je ne PEUX pas. Je préfère.., je sais pas, je ne peux pas. Pourrai pas. Et pourtant il le faut. Il me faut une motivation mentale. Je pense au traitement qui m’attend, à ses bienfaits, la baisse de douleur… Et j’y vais d’un coup.
J’ai failli tourner de l’œil tellement la douleur s’est décuplée par 10. J’essaye de faire bonne figure… Mais la position allongée « raide » sans oreiller pour soutenir ma tête est un supplice. Dans l’ambulance qui me conduit, chaque caillou sous les roues est une épée enfoncée dans mes reins. Chaque freinage, chaque accélération. Chaque virage.
On arrive à l’hôpital…


…A Suivre…

Kunta Kinté
"Kunta Kinté" est un pseudo mais ce n'est pas le plus important, l'important c'est le partage d'informations. L'important c'est d'éviter au maximum un langage rébarbatif et technique. L'important ici c'est que c'est MON expérience de patient, à partager avec les autres patients.

Pour une fois, le point de vue du patient...

6 réflexions au sujet de « Douleur Inextinguible »

  1. spectre

    Je suis tomber sur cette page sans le vouloir je recherche des informations sur comment diminuer la douleur et …. En regardant ta "chronique" je reconnais la bien les symptômes surtout du "dimanche soir" et " début de nuit" j'ai même sourie car je me rend compte que je ne suis pas seul dans cette situation, mais quand tu est face à la douleurs tu ai seul malheureusement car personne ne peux comprendre sans l'avoir endurée. Le pire c'est de ce dire que sa va passer alors que tu sait que sa ne passera pas.

    Je suis SS homozygote a 100% je te laisse imaginer quand j'ai une crise
    (Désolé pour les fautes)

    1. Drepanocytose Auteur de l’article

      Et bien oui… Je suppose que le trait commun des SS Homozygote drépanocitaires est la Douleur…
      Nous sommes tous inégaux devant la douleur, différentes intensités, différentes histoires du patient….
      En France de GROS progrès sont à faire pour la prise en charge du patient drépanocitaire en hopital/clinique. Ceci dit, depuis 20 ans… La situation s'est un peu améliorée… Je pense notamment à la morphine, "donnée" avec beaucoup de parcimonie il y a 10/15 ans, et maintenant entré dans les protocoles.
      Mais trop de commentaires encore de MÉDECINS pour qui la douleur "est dans la tête"…. (véridique..).

    1. Drepanocytose Auteur de l’article

      Bonjour Thomas,

      Je ne connaissais pas. Il y a effectivement beaucoup de traits communs, sur la "cible" : les os" et une partie du traitement concernant la douleur notamment, mais c'est tout de m^me bien spécifique aussi…
      Cordialement,
      KK

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